L’histoire du pluralisme post-88, en Algérie, est pleine d’enseignements que les formations politiques, syndicats et associations ne prennent pas toujours la peine de transformer en capital-expérience. La construction d’une alternative démocratique et le saut qualitatif dans des procédures et des pratiques, qui, consacrent un mode d’organisation moderne, sont pourtant, aussi tributaires de la capitalisation de l'expérience.
Pilier de toutes les manœuvres de diversion du pouvoir, la confusion est également un instrument de gestion interne de la quasi-totalité des groupes organisés qui composent l’échiquier politique, au sens le plus large. C’est à l’intersection de l’institutionnel et de l’informel que se joue la partie la plus serrée. Au moment d’organiser un congrès, d’aller à des élections ou de préparer une succession interne.
Quand le groupe organisé est en passe de franchir un seuil organisationnel, qui le met en position d’interlocuteur de l’administration, se produit, à l’intérieur et à l’extérieur de ce groupe, un mouvement de redéploiement des plus fascinants à observer. Contraction sur le noyau central, à l’intérieur des formations et, signaux d’appel vers l’extérieur, pour les individus et les groupes, qui s’estiment lésés. Le plus troublant est dans le recours quasi-systématique, des uns et des autres, à la rhétorique de la trahison. En vingt ans de pluralisme sous haute surveillance, traversé par une guerre interne atroce, les Algériens, consciemment ou inconsciemment, ont joué et rejoué, jusqu’à la nausée, une parodie de la "bleuïte". Immolant symboliquement sur l’autel de leurs archaïsmes, soigneusement entretenus, toute avancée collective harmonieuse. Que ce soit le groupe qui procède au bannissement de l’individu ou l’individu qui recourt à la dénonciation publique du groupe, le résultat est, qu’à chaque étape de son parcours, une formation se recompose non selon le principe démocratique et moderne : en majorité/minorité, mais en intérieur/extérieur, fidèles/traitres, légitimes/illégitimes etc.
Quand il s’agit de faire face à l’adversité, « l’intellectuel collectif » des organisations se disperse selon des déclinaisons des plus inattendues. La sociologie politique, des partis, des syndicats, des associations et des ligues, reste certainement encore à faire. Il n’existe pas une seule expérience collective algérienne contemporaine qui n’ait été soumise au tamis des dissidences, des scissions, des ruptures tonitruantes et des dénonciations fracassantes. Les exemples ne manquent pas : du « complot scientifique » qui destitua Mehri de la direction du FLN aux « redresseurs » armés de gourdins et de Dobermans, la dissidence, en Algérie, est un phénomène universel. La dissidence transcende tous les clivages idéologiques et concerne les « indépendantes » qui sacrifièrent deux décennies de lutte du mouvement féministe algérien et des mois de travail collectif au sein de la coordination nationale des associations de femmes, à l’émergence de quelques personnalités-alibis ; autant que les courants islamistes les plus radicaux dont les fragmentations se sont produites sur un modèle semblable. Un individu ou un groupe d'individus déclare la guerre à son organisation d'origine qu'il accuse de forfaiture. La gestion publique de l'affaire offre l'opportunité de la réécriture par le pouvoir de l'agenda des organisations.
La façon dont les médias, les commérages de bars et de cafés, les prêches des mosquées, les analyses des invités des plateaux de télévisions etc, prennent le relais, ou pas, d’une dissidence, est un indicateur majeur sur l’orientation, autant que sur l’origine, qu’une partie (ou une autre) veut donner à cette dernière. Un des exemples les plus cocasses de ce type de phénomène est celui de H. AYACH, qui avait connu son quart d’heure de gloire en se proclamant chargé de la création d’un parti pour le frère du Président Bouteflika. Après avoir promené un temps son lot de Unes de journaux, de chroniqueurs biens inspirés, de politologues réputés bien informés et autres analystes, notre bonimenteur avouera avoir tout inventé par mythomanie congénitale. Bien sûr, les deux versions de l’histoire sont à prendre avec prudence, on ne saura pas, pour l’instant, si le frère du Président voulait vraiment se doter d’un parti ou si quelque partie au sein du pouvoir a trouvé dans cette opération le moyen d’exercer une quelconque pression sur le locataire d’El Mouradia. Et c’est là, le propre de toute manipulation. Donner à moudre de l’ivraie. Quelqu’un a bien raconté des sornettes à ce monsieur, et quelques-uns se sont prêtés avec complaisance au jeu, tandis-que d’autres se sont, tout simplement, laissés prendre au piège. Jusqu’à ce que quelqu’un siffle la fin de «l’opération parti du frère du Président »
Il s’agit donc d’entendre le concept d’« adversité », autant que celui de « dissidence », dans le sens qu’ils prennent dans une société gangrenée par toutes sortes de perversions politiques, culturelles, économiques et sociales. Dans un type de configuration, en équilibre instable, où l’individu (ou le groupe) qui se sent lésé par le moindre mouvement qui échappe à son contrôle, réagit selon le seul critère du sentiment d’exclusion ressenti.
Des caractères et des égos se muent alors en tendances, rameutent des partisans, donnent du grain à moudre aux médias et remplissent, consciemment ou pas, en même temps que leur agenda personnel, la fonction de rabatteur, pour le régime, dans l’une ou l’autre de ses multiples déclinaisons. Le comble de l’ironie serait que les dégâts occasionnés par toute l’opération ne finissent, à terme, par rabattre, chacune des parties en conflit, dans l’escarcelle d’une des tendances du régime.
Pour un statu-quo struturel qui piège dans leurs archaismes respectifs, derrière une fausse mobilité, pouvoir et société, par leur conditionnement au refus de la transparence et de l’arbitrage légal.
Sortir de l'informel, devient, alors, une condition préalable à l'entrée en modernité.
Pilier de toutes les manœuvres de diversion du pouvoir, la confusion est également un instrument de gestion interne de la quasi-totalité des groupes organisés qui composent l’échiquier politique, au sens le plus large. C’est à l’intersection de l’institutionnel et de l’informel que se joue la partie la plus serrée. Au moment d’organiser un congrès, d’aller à des élections ou de préparer une succession interne.
Quand le groupe organisé est en passe de franchir un seuil organisationnel, qui le met en position d’interlocuteur de l’administration, se produit, à l’intérieur et à l’extérieur de ce groupe, un mouvement de redéploiement des plus fascinants à observer. Contraction sur le noyau central, à l’intérieur des formations et, signaux d’appel vers l’extérieur, pour les individus et les groupes, qui s’estiment lésés. Le plus troublant est dans le recours quasi-systématique, des uns et des autres, à la rhétorique de la trahison. En vingt ans de pluralisme sous haute surveillance, traversé par une guerre interne atroce, les Algériens, consciemment ou inconsciemment, ont joué et rejoué, jusqu’à la nausée, une parodie de la "bleuïte". Immolant symboliquement sur l’autel de leurs archaïsmes, soigneusement entretenus, toute avancée collective harmonieuse. Que ce soit le groupe qui procède au bannissement de l’individu ou l’individu qui recourt à la dénonciation publique du groupe, le résultat est, qu’à chaque étape de son parcours, une formation se recompose non selon le principe démocratique et moderne : en majorité/minorité, mais en intérieur/extérieur, fidèles/traitres, légitimes/illégitimes etc.
Quand il s’agit de faire face à l’adversité, « l’intellectuel collectif » des organisations se disperse selon des déclinaisons des plus inattendues. La sociologie politique, des partis, des syndicats, des associations et des ligues, reste certainement encore à faire. Il n’existe pas une seule expérience collective algérienne contemporaine qui n’ait été soumise au tamis des dissidences, des scissions, des ruptures tonitruantes et des dénonciations fracassantes. Les exemples ne manquent pas : du « complot scientifique » qui destitua Mehri de la direction du FLN aux « redresseurs » armés de gourdins et de Dobermans, la dissidence, en Algérie, est un phénomène universel. La dissidence transcende tous les clivages idéologiques et concerne les « indépendantes » qui sacrifièrent deux décennies de lutte du mouvement féministe algérien et des mois de travail collectif au sein de la coordination nationale des associations de femmes, à l’émergence de quelques personnalités-alibis ; autant que les courants islamistes les plus radicaux dont les fragmentations se sont produites sur un modèle semblable. Un individu ou un groupe d'individus déclare la guerre à son organisation d'origine qu'il accuse de forfaiture. La gestion publique de l'affaire offre l'opportunité de la réécriture par le pouvoir de l'agenda des organisations.
La façon dont les médias, les commérages de bars et de cafés, les prêches des mosquées, les analyses des invités des plateaux de télévisions etc, prennent le relais, ou pas, d’une dissidence, est un indicateur majeur sur l’orientation, autant que sur l’origine, qu’une partie (ou une autre) veut donner à cette dernière. Un des exemples les plus cocasses de ce type de phénomène est celui de H. AYACH, qui avait connu son quart d’heure de gloire en se proclamant chargé de la création d’un parti pour le frère du Président Bouteflika. Après avoir promené un temps son lot de Unes de journaux, de chroniqueurs biens inspirés, de politologues réputés bien informés et autres analystes, notre bonimenteur avouera avoir tout inventé par mythomanie congénitale. Bien sûr, les deux versions de l’histoire sont à prendre avec prudence, on ne saura pas, pour l’instant, si le frère du Président voulait vraiment se doter d’un parti ou si quelque partie au sein du pouvoir a trouvé dans cette opération le moyen d’exercer une quelconque pression sur le locataire d’El Mouradia. Et c’est là, le propre de toute manipulation. Donner à moudre de l’ivraie. Quelqu’un a bien raconté des sornettes à ce monsieur, et quelques-uns se sont prêtés avec complaisance au jeu, tandis-que d’autres se sont, tout simplement, laissés prendre au piège. Jusqu’à ce que quelqu’un siffle la fin de «l’opération parti du frère du Président »
Il s’agit donc d’entendre le concept d’« adversité », autant que celui de « dissidence », dans le sens qu’ils prennent dans une société gangrenée par toutes sortes de perversions politiques, culturelles, économiques et sociales. Dans un type de configuration, en équilibre instable, où l’individu (ou le groupe) qui se sent lésé par le moindre mouvement qui échappe à son contrôle, réagit selon le seul critère du sentiment d’exclusion ressenti.
Des caractères et des égos se muent alors en tendances, rameutent des partisans, donnent du grain à moudre aux médias et remplissent, consciemment ou pas, en même temps que leur agenda personnel, la fonction de rabatteur, pour le régime, dans l’une ou l’autre de ses multiples déclinaisons. Le comble de l’ironie serait que les dégâts occasionnés par toute l’opération ne finissent, à terme, par rabattre, chacune des parties en conflit, dans l’escarcelle d’une des tendances du régime.
Pour un statu-quo struturel qui piège dans leurs archaismes respectifs, derrière une fausse mobilité, pouvoir et société, par leur conditionnement au refus de la transparence et de l’arbitrage légal.
Sortir de l'informel, devient, alors, une condition préalable à l'entrée en modernité.




La décision prématurée sur les gaz non-conventionnels
