La révolution égyptienne a été conduite par une dynamique interne, un processus né dans le pays et dont le peuple égyptien tire beaucoup de fierté et ce à juste titre. Au contraire, la révolte libyenne qui a commencé à Benghazi est tristement devenue la proie de la volonté si ce n’est de l'agenda des pouvoirs Occidentaux. Encore une fois, c'est une réalité pas un jugement moral étant donné la souffrance de la population aux mains d'un régime criminel. Quant à la Syrie, elle lutte actuellement pour garder le soulèvement pacifique face à un régime de sécurité qui semble ne connaître que le langage de la violence. Malgré cela, les voix de l'opposition rejettent puissamment l'intervention de l'extérieur
La connexion souveraineté -démocratie se trouve au cœur des révoltes arabes et est actuellement dans le processus d'être redéfinie.
Les Egyptiens ont accueilli l'armée comme l'acteur clé dans la prise de la responsabilité du processus de transition en grande partie parce qu'il voit dans les forces armées le gardien des intérêts nationaux de l'état égyptien par opposition à la connivence du régime Mubarak avec les copains capitalistes liés aux intérêts multinationaux étrangers et une politique étrangère que l'on a vue comme au service des intérêts stratégiques des États-Unis en priorité.
Depuis que l'Egypte est entrée dans un processus de transition, les controverses dans le débat public sur l'interférence d'acteurs étrangers tournent autour de presque chaque secteur : la dénonciation de l'insistance de l’Europe et des EU à fixer les termes de leur aide au gouvernement et à la société civile, les accusations de tentatives de faire pression sur le nouveau gouvernement sur des choix de politique étrangère, les soupçons à propos des intentions de Washington de prendre pied au Ministère de l'Intérieur sous prétexte d'aide pour reformer le secteur de la sécurité et les craintes d’une dépendance plus forte de l’étranger. Aux yeux de beaucoup d'Egyptiens tant dans le gouvernement qu'en dehors, la transition démocratique est une période de vulnérabilité accrue qui ouvre la voie à la pénétration étrangère.
De même, le psychisme syrien est formé par les mémoires d'interférences étrangères, quelque chose que le régime Assad a exploité, mais n'a pas inventé. Dans la confrontation brutale actuelle entre le régime et la société, quiconque appellerait à l'intervention étrangère serait facilement taxé de traître. La menace d'intervention militaire est une épée au-dessus des têtes de l'opposition plutôt que du régime. Dans ce contexte, cela aiderait le mouvement de protestation d’avoir des puissances étrangères en mesure de déclarer qu'elles n'ont aucune intention d'intervenir militairement en Syrie comme ce serait la meilleure façon d'affaiblir l'argument de Bachar El Assad selon lequel que le soulèvement est le résultat d'intervention étrangère et enlèverait une source majeure d'anxiété parmi la majorité hésitante en Syrie, en augmentant ainsi ses chances de rejoindre le mouvement.
La nouvelle définition des termes de la relation avec des acteurs extérieurs sera un défi clé pour tout les Pays Arabes dans les prochains mois et années. Cette relation a cessé d'être un monopole de l'état mais le processus de construction de la légitimité politique est en route et jusqu'à ce qu’il soit en place, le rôle des acteurs extérieurs va probablement rester un irritant majeur dans le débat public. Les sociétés arabes doivent reconstruire leur confiance en soi et développer la clarté de leurs priorités avant qu'elles ne puissent établir un rapport plus serein avec des partenaires étrangers. Ceux-ci chercheront toujours à mettre en œuvre leurs propres ordres du jour, mais devront se comporter différemment quand ils seront confrontés à des ordres du jour nationaux clairs articulés par des gouvernements arabes légitimes.
La connexion souveraineté -démocratie se trouve au cœur des révoltes arabes et est actuellement dans le processus d'être redéfinie.
Les Egyptiens ont accueilli l'armée comme l'acteur clé dans la prise de la responsabilité du processus de transition en grande partie parce qu'il voit dans les forces armées le gardien des intérêts nationaux de l'état égyptien par opposition à la connivence du régime Mubarak avec les copains capitalistes liés aux intérêts multinationaux étrangers et une politique étrangère que l'on a vue comme au service des intérêts stratégiques des États-Unis en priorité.
Depuis que l'Egypte est entrée dans un processus de transition, les controverses dans le débat public sur l'interférence d'acteurs étrangers tournent autour de presque chaque secteur : la dénonciation de l'insistance de l’Europe et des EU à fixer les termes de leur aide au gouvernement et à la société civile, les accusations de tentatives de faire pression sur le nouveau gouvernement sur des choix de politique étrangère, les soupçons à propos des intentions de Washington de prendre pied au Ministère de l'Intérieur sous prétexte d'aide pour reformer le secteur de la sécurité et les craintes d’une dépendance plus forte de l’étranger. Aux yeux de beaucoup d'Egyptiens tant dans le gouvernement qu'en dehors, la transition démocratique est une période de vulnérabilité accrue qui ouvre la voie à la pénétration étrangère.
De même, le psychisme syrien est formé par les mémoires d'interférences étrangères, quelque chose que le régime Assad a exploité, mais n'a pas inventé. Dans la confrontation brutale actuelle entre le régime et la société, quiconque appellerait à l'intervention étrangère serait facilement taxé de traître. La menace d'intervention militaire est une épée au-dessus des têtes de l'opposition plutôt que du régime. Dans ce contexte, cela aiderait le mouvement de protestation d’avoir des puissances étrangères en mesure de déclarer qu'elles n'ont aucune intention d'intervenir militairement en Syrie comme ce serait la meilleure façon d'affaiblir l'argument de Bachar El Assad selon lequel que le soulèvement est le résultat d'intervention étrangère et enlèverait une source majeure d'anxiété parmi la majorité hésitante en Syrie, en augmentant ainsi ses chances de rejoindre le mouvement.
La nouvelle définition des termes de la relation avec des acteurs extérieurs sera un défi clé pour tout les Pays Arabes dans les prochains mois et années. Cette relation a cessé d'être un monopole de l'état mais le processus de construction de la légitimité politique est en route et jusqu'à ce qu’il soit en place, le rôle des acteurs extérieurs va probablement rester un irritant majeur dans le débat public. Les sociétés arabes doivent reconstruire leur confiance en soi et développer la clarté de leurs priorités avant qu'elles ne puissent établir un rapport plus serein avec des partenaires étrangers. Ceux-ci chercheront toujours à mettre en œuvre leurs propres ordres du jour, mais devront se comporter différemment quand ils seront confrontés à des ordres du jour nationaux clairs articulés par des gouvernements arabes légitimes.
Texte paru dans ARI et traduit de l'anglais pour La Nation par Hadj Ben.
_____________________ BASSMA Kodmani
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La décision prématurée sur les gaz non-conventionnels

