L’état sort sa grosse artillerie : 3245 logements distribués en 1 temps 3 mouvements !
Du jamais vu sur la planète « rahla » ! Trouille étatique ou générosité soudaine ? L’odyssée urbaine algérienne surprend plus d’un.
Il est 7h du mat sur les monts de djebel Coco. Le brouillard s’enroule, se rembobine et recule -sur les flancs de Diar el Kaf, Djenane hassan, et Draa Eddiss- découvrant une suite de vallons où se découpent en morceaux éparses les cases des oubliés de l’Algérie pétrolifère.
Le transfert des familles vers leurs nouveaux logements s’étant opéré dés 4 heures du matin, ne restent que les oubliés de la mamelle.
Une trentaine de familles. Sautées de la liste ! La liste, fée et madone pour les uns, vire à sorcière et virago pour les autres.
Faites un recours leur dit-on ? Pourquoi bon Dieu hurle un sexagénaire né sur l’adret de ces monticules désolés. Pas maintenant, pas si prés du but poursuit-il.
Le Frais Vallon tourne au cratère fumant. Une torche entre ciel et pierre ! Prête à s’allumer pour une histoire de toit. La seule qui sous-tend toute une vie.
Retour à « Gourbi end » ! Le cerveau bascule et le permanent désespoir –avec son cortège de nuits sans sommeil et de colère ravalée- ranime les ratages, la scoumoune, la guigne…
Il faut avoir parcouru « el barrakette » pour prendre la mesure de la désolation et être définitivement convaincu qu’il existe deux Algérie : une nantie et qui se fiche de l’autre volontairement oubliée.
De Climat de France, Fontaine Fraiche, la Baucheray, jusqu'à l’embouchure de Oued Koriche, le néant vous agrippe dés le premier instant : poussière d’alcali de la carrière Jobert qui brule les gorges, crevasse les rêves et immole l’espoir.
Ici rien ne pousse .Ni fruits ni légumes .Ni blettes ni cresson.
En hiver, on se rasade à l’eau de pluie. Et les vêtements collés à la peau ne sèchent jamais.
En été, pareil. Mais là c’est l’eau des corps en sueur qui fait suffoquer les êtres.
Vues de l’autre coté de la route c'est-à-dire via Beau Fraisier et Scotto-Nadal, les bicoques en parpaing-ternit greffés sur le Djebel donnent l’impression d’une Calcutta sur pilotis.
Il y flotte tous les éléments de la relégation : immondices, eaux usées, déchets humains, odeur de charogne.
Il est midi, le téléphone arabe fonctionne même à flanc de montagne. Les déménagés de Diar Echams ont refusé Birtouta dit-on.
Le rond-point du Triolet bourdonne. A cette tension insoutenable se greffe une raison simple : la précarité éternelle pour les « pas de chance ». Les bulls démolissent les dernières baraques. Vie âpre, vie difficile, vie usante, affreusement désespérante. Les voisins se quittent. Ecarquillement des prunelles. L’affreux dénouement de la séparation.
Ils se disent au revoir dans une atmosphère d’amitiés violentes et d’antipathies vivaces. Sous les visages de tous, bénéficiaires et recalés et sous les attentes se cachait l’éternel revendication, l’éternel besoin de la nature humaine : un toit, une famille.
Il est 16h, en face de cette montagne pelée et ces paysages lunaires, se dresse, plaqué contre une couche vert absinthe, le mont de la Bouzaréah, versant riche d’une géographie injuste, semble faire du voyeurisme via les terrasses de ses villas étagées.
Avec son air si rare, si léger comme la senteur continue de l’éther, « Bouzerriaa » semble toiser ces travées humaines dont le seul crime est d’être né du mauvais coté de la montagne.
L’ubac snobant l’adret ! C’est les monts à l’envers !
Il est 20h, les oubliés du voyage regagnent leurs masures. Les gosses, le rouge aux joues, ont du mal à dormir. Déjà que c’était pas facile en temps normal. Car d’autres espèces partagent l’espace : serpents en vadrouille et tarentules en goguette.
Ici on ne dormait pas .On se roulait en boule après avoir verrouillé la butane. La butane, seul luxe d’une pauvreté organisée, cale la porte d’entrée. La nuit tombe sur cette partie oubliée de l’Algérie, demain et autre jour qui recommencera Et avec lui le parcours des naufragés du logement. Première étape : rêver en faisant ses valises, deuxième : résister et troisième : « essabr dwa aarab » (intraduisible dans d’autres langues ou approximativement : la patience comme remède arabe). La même nuit tombe sur les résidences de ceux qui nous gouvernent.
La rue arabe qui s’étire jusqu’en Lybie crée un mode de survie inédit : les prolongations politiques via des psychés tardifs. On arrose à tout va. Logements, prêts bancaires astronomiques… les autocrates casquent en silence de peur de gêner leurs sujets. Incroyable !
L’emphase de pythie qui caractérisa jadis la politique économique et sociale algérienne risque de ne pas survivre à un autre printemps.
A ce moment, « errahla » ne concernera pas uniquement les sujets mais aussi les groupes verbeux qui arrosent le peuple de discours mensongers.
Aussi, les futurs naufragés ne sont surement pas les habitants de Diar el Kaf. Au fait c’est comment des « kaf » sans Diar?
* Relogement
Du jamais vu sur la planète « rahla » ! Trouille étatique ou générosité soudaine ? L’odyssée urbaine algérienne surprend plus d’un.
Il est 7h du mat sur les monts de djebel Coco. Le brouillard s’enroule, se rembobine et recule -sur les flancs de Diar el Kaf, Djenane hassan, et Draa Eddiss- découvrant une suite de vallons où se découpent en morceaux éparses les cases des oubliés de l’Algérie pétrolifère.
Le transfert des familles vers leurs nouveaux logements s’étant opéré dés 4 heures du matin, ne restent que les oubliés de la mamelle.
Une trentaine de familles. Sautées de la liste ! La liste, fée et madone pour les uns, vire à sorcière et virago pour les autres.
Faites un recours leur dit-on ? Pourquoi bon Dieu hurle un sexagénaire né sur l’adret de ces monticules désolés. Pas maintenant, pas si prés du but poursuit-il.
Le Frais Vallon tourne au cratère fumant. Une torche entre ciel et pierre ! Prête à s’allumer pour une histoire de toit. La seule qui sous-tend toute une vie.
Retour à « Gourbi end » ! Le cerveau bascule et le permanent désespoir –avec son cortège de nuits sans sommeil et de colère ravalée- ranime les ratages, la scoumoune, la guigne…
Il faut avoir parcouru « el barrakette » pour prendre la mesure de la désolation et être définitivement convaincu qu’il existe deux Algérie : une nantie et qui se fiche de l’autre volontairement oubliée.
De Climat de France, Fontaine Fraiche, la Baucheray, jusqu'à l’embouchure de Oued Koriche, le néant vous agrippe dés le premier instant : poussière d’alcali de la carrière Jobert qui brule les gorges, crevasse les rêves et immole l’espoir.
Ici rien ne pousse .Ni fruits ni légumes .Ni blettes ni cresson.
En hiver, on se rasade à l’eau de pluie. Et les vêtements collés à la peau ne sèchent jamais.
En été, pareil. Mais là c’est l’eau des corps en sueur qui fait suffoquer les êtres.
Vues de l’autre coté de la route c'est-à-dire via Beau Fraisier et Scotto-Nadal, les bicoques en parpaing-ternit greffés sur le Djebel donnent l’impression d’une Calcutta sur pilotis.
Il y flotte tous les éléments de la relégation : immondices, eaux usées, déchets humains, odeur de charogne.
Il est midi, le téléphone arabe fonctionne même à flanc de montagne. Les déménagés de Diar Echams ont refusé Birtouta dit-on.
Le rond-point du Triolet bourdonne. A cette tension insoutenable se greffe une raison simple : la précarité éternelle pour les « pas de chance ». Les bulls démolissent les dernières baraques. Vie âpre, vie difficile, vie usante, affreusement désespérante. Les voisins se quittent. Ecarquillement des prunelles. L’affreux dénouement de la séparation.
Ils se disent au revoir dans une atmosphère d’amitiés violentes et d’antipathies vivaces. Sous les visages de tous, bénéficiaires et recalés et sous les attentes se cachait l’éternel revendication, l’éternel besoin de la nature humaine : un toit, une famille.
Il est 16h, en face de cette montagne pelée et ces paysages lunaires, se dresse, plaqué contre une couche vert absinthe, le mont de la Bouzaréah, versant riche d’une géographie injuste, semble faire du voyeurisme via les terrasses de ses villas étagées.
Avec son air si rare, si léger comme la senteur continue de l’éther, « Bouzerriaa » semble toiser ces travées humaines dont le seul crime est d’être né du mauvais coté de la montagne.
L’ubac snobant l’adret ! C’est les monts à l’envers !
Il est 20h, les oubliés du voyage regagnent leurs masures. Les gosses, le rouge aux joues, ont du mal à dormir. Déjà que c’était pas facile en temps normal. Car d’autres espèces partagent l’espace : serpents en vadrouille et tarentules en goguette.
Ici on ne dormait pas .On se roulait en boule après avoir verrouillé la butane. La butane, seul luxe d’une pauvreté organisée, cale la porte d’entrée. La nuit tombe sur cette partie oubliée de l’Algérie, demain et autre jour qui recommencera Et avec lui le parcours des naufragés du logement. Première étape : rêver en faisant ses valises, deuxième : résister et troisième : « essabr dwa aarab » (intraduisible dans d’autres langues ou approximativement : la patience comme remède arabe). La même nuit tombe sur les résidences de ceux qui nous gouvernent.
La rue arabe qui s’étire jusqu’en Lybie crée un mode de survie inédit : les prolongations politiques via des psychés tardifs. On arrose à tout va. Logements, prêts bancaires astronomiques… les autocrates casquent en silence de peur de gêner leurs sujets. Incroyable !
L’emphase de pythie qui caractérisa jadis la politique économique et sociale algérienne risque de ne pas survivre à un autre printemps.
A ce moment, « errahla » ne concernera pas uniquement les sujets mais aussi les groupes verbeux qui arrosent le peuple de discours mensongers.
Aussi, les futurs naufragés ne sont surement pas les habitants de Diar el Kaf. Au fait c’est comment des « kaf » sans Diar?
* Relogement





La décision prématurée sur les gaz non-conventionnels
