La Nation - Hebdomadaire Algérien

Numéro 101

Edition du 01 au 07 Mai 2013



La crédibilité d’Ait Ahmed va mettre en échec les comploteurs internes.

Ait Benali Boubekeur
Mardi 24 Avril 2012

«Mon Dieu, garde-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m’en charge», citation de Voltaire.



Hocine Ait Ahmed
Hocine Ait Ahmed
Cette citation convient parfaitement à la situation que vit le FFS actuellement. En effet, il n’y a aucune semaine qui passe sans qu’un ancien ou un groupe d’anciens militants du FFS ne se lancent dans la campagne de dénigrement du parti. Bien que leurs positions les situent automatiquement en dehors du cercle partisan –on ne s’oppose pas à une décision du parti tout en se réclamant de lui –, ces désormais détracteurs du FFS continuent, au grand bonheur de la presse algérienne, de semer la zizanie.

Dans une déclaration publique, un groupe de militants –ceux qui ont voulu, à un moment, créer le FFS bis – poussent le culot jusqu’à accuser le parti dirigé par Ait Ahmed de compromission avec le régime. « La participation du FFS à cette kermesse nous ramène quelque peu à l’époque où les opposants gauchistes trahissent le peuple algérien en lui faisant miroiter que le changement du régime se ferait de l’intérieur », écrivent-ils. Quel raccourci historique. En effet, cette gauche avait certes offert aux divers chefs d’État depuis 1962 les services de leur parti pour peu que l’option socialiste soit inscrite dans les différentes chartes. Cela dit, bien qu’on puisse critiquer un ancien parti, mort d’ailleurs de ses contradictions, on n’a pas tout de même le droit de l’accuser de traîtrise. Car dans l’esprit de ce parti, il fut tout bonnement conforme à la stratégie gauchiste qui le guidait. 

D’une façon générale, la comparaison entre cet ancien parti, le PAGS en l’occurrence, et le FFS de Hocine Ait Ahmed est une démarche malhonnête. En effet, ou bien les militants de ce groupe n’ont pas lu les différents messages d’Ait Ahmed, notamment ceux adressés à la convention et ensuite au conseil national, dans ce cas, ils ont agi en ignorant la démarche du FFS. Ou bien ils ont lu ces textes et, dans ce cas de figure, ils travestissent exprès la réalité. Car dans le message du 17 février, Ait Ahmed, tout en expliquant les dérives conséquentes à la gestion catastrophique du régime, considère que « les prochaines échéances législatives peuvent favoriser une reprise du processus démocratique ou au contraire précipiter le pays dans une dérive fatale ». Ce qui veut dire que le parti accepte de participer à la condition que le choix du peuple soit respecté. Dans le cas contraire, le régime sera responsable à nouveau devant l’histoire des dérives conséquentes à l’usurpation du pouvoir.

Cependant, ce message limpide du président du FFS, me semble-t-il, tient compte de toutes les options. En effet, après les révolutions qui se sont produites en Afrique du Nord, l’Algérie ne peut pas déroger à l’inéluctable changement.

Et compte tenu de la tragédie des années 1990 où les décideurs ont mis en sourdine le processus démocratique, le FFS opte, dans un premier temps, pour un changement sans heurts. Mais si le régime s’entête à se maintenir au pouvoir contre vents et marées, le pays connaitra indubitablement des troubles risquant de plonger le pays dans une crise encore plus abyssale. Ne voulant pas que le pays coure un tel danger, le FFS décide d’accompagner ce processus pacifique tout en refusant le moindre rapprochement avec le pouvoir en place. 

Par ailleurs, les deux sorties médiatiques, celle d’Ali Kerboua et le groupe de militants conduit par Si Larbi Hanafi, ressemblent étrangement à la démarche de Djamel Zenati. À aucun moment, ils ne nous parlent des révolutions nord-africaines de 2011. Dans quel but ces événements sont volontairement omis ? En tout état de cause, la prise en compte de ces événements aurait pu changer leurs analyses. Pour Ali Kerboua, les conditions de 2007 sont les mêmes que celles de 2012. Quel survol rapide de la situation qu’ont vécue nos voisins. Et pourtant, ils sont nombreux les militants du FFS qui pensent que sans la nouvelle donne géopolitique, le FFS n’aurait pas décidé de participer aux élections de mai prochain.

Tout compte fait, ces anciens cadres du FFS –ce qui est regrettable en même temps –ne nous disent pas quelles sont les voies à emprunter pour parvenir au changement. Faut-il rester à la maison et attendre que le pouvoir parte de son propre gré ? Faut-il choisir le mode opéré en Libye ? En tout cas, on ne sait pas quelles sont leurs solutions. Toutefois, bien qu’on puisse critiquer le choix du FFS, il n’en reste pas moins qu’Ait Ahmed a le courage d’expliquer sans ambages sa démarche. En effet, le but de la participation n’est pas de fixer le nombre de sièges à atteindre. Son but est de pousser ce régime à reconsidérer la politique poursuivie jusque-là. Pour lui, l’un des enseignements des révolutions du printemps 2011 est l’affirmation selon laquelle « c’est aux dirigeants de faire preuve qu’ils aiment leur pays et qu’ils méritent la confiance de leur peuple… Le printemps de Tunis et la formidable mobilisation du peuple égyptien ont offert à tout le monde arabe ce cadeau inestimable ». 

En somme, ces appels des militants que tout éloigne du parti ne font que renforcer la conviction des militants engagés dans la ligne fixée par Ait Ahmed.
En lançant son appel « sincère et pressant à l’ensemble des militantes et militants afin d’agir avec lucidité pour préserver ce formidable instrument de lutte qu’est le FFS de toute velléité de compromission », Ali Kerboua appelle ni plus ni moins les militants à désavouer leur parti et son président Hocine Ait Ahmed. Nous ne pouvons pas le faire. Ait Ahmed, et c’est une conviction largement partagée par les militants du FFS, n’est pas un homme de compromission. En plus, va-t-il attendre ses 86 ans pour commencer une telle carrière ? Cet argument ne tient pas la route. Au contraire, de telles affirmations discréditent leurs auteurs et renforcent, par ricochet, la crédibilité du président du FFS, Hocine Ait Ahmed. Pour le reste, c’est au peuple algérien de décider qui doit le représenter.


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