Voici un bien curieux pays, dont le président appelle le peuple à la mobilisation révolutionnaire à l’occasion d’élections législatives et dont, quelques jours plus tard, le premier ministre annonce que le pouvoir est entre les mains de la maffia. Rien ne bouge pour autant. Comme si ces éclats de voix étaient sans incidences. Pas certain.
Les « révolutions » qui fleurissent autour de nous ont un goût prononcé d’irresponsabilité publique sur fond de pétrole et de gaz. Et si on devait compter le nombre de conférences internationales de lutte contre le crime organisé auquel l’Algérie a participé, on en déduirait bien vite que la menace maffieuse est aussi sérieuse que la menace terroriste sur la paix et l’équilibre mondiaux. Au point d’ailleurs de figurer parmi les cibles de l’Otan.
Alors, quand un premier ministre parle de pouvoir de la maffia (ou de maffia au/du pouvoir) il faut le prendre au sérieux. Même dans un pays où l’expression orale des responsables politiques et des gestionnaires est devenue au fil du temps une « arme de destruction massive », du débat démocratique, de la gestion rationnelle des affaires publiques, et de la clarification des enjeux.
Les « révolutions » qui fleurissent autour de nous ont un goût prononcé d’irresponsabilité publique sur fond de pétrole et de gaz. Et si on devait compter le nombre de conférences internationales de lutte contre le crime organisé auquel l’Algérie a participé, on en déduirait bien vite que la menace maffieuse est aussi sérieuse que la menace terroriste sur la paix et l’équilibre mondiaux. Au point d’ailleurs de figurer parmi les cibles de l’Otan.
Alors, quand un premier ministre parle de pouvoir de la maffia (ou de maffia au/du pouvoir) il faut le prendre au sérieux. Même dans un pays où l’expression orale des responsables politiques et des gestionnaires est devenue au fil du temps une « arme de destruction massive », du débat démocratique, de la gestion rationnelle des affaires publiques, et de la clarification des enjeux.
L’esprit Zenga-Zenga.
Pourquoi nos responsables s‘expriment-ils de la sorte ? Par quel cheminement tortueux les dirigeants algériens en sont-ils arrivés à dire, à peu près tout et n’importe quoi, sur le pouvoir, l’opposition, la société, l’état du pays ? La nature autoritaire d’un régime n’explique pas toutes les dérives verbales. Il ya du « zenga-zenga » dans cette façon de procéder.
L’esprit « zenga-zenga », ce mépris décomplexé de tous les usages, souvent hypocrites mais ô combien importants, qui font du personnage public de premier rang, un être responsable et –théoriquement au moins- comptable de ses propos devant les autres. Même dans les pires moments de crise.
Certes, l’époque ne se prête pas trop au respect des usages politiques. Des guerres sont menées sans jamais avoir été déclarées et des chefs d’armées coupables de crimes à répétition sont intronisés Nobel pour la Paix. Pour autant, il faut se garder d’avoir la mémoire courte. Ce qui vaut pour les uns ne vaut pas forcément pour les autres. Ainsi va le monde et pas seulement ce pays. Saddam Hussein et Mouamar el Kadhafi sont deux exemples magistraux de ces dérapages langagiers dans des pays trop coutumiers des dérives sans incidence.
Le mépris des usages politiques- et en politique - a grandement contribué au drame libyen. Le « zenga-zenga » de Kadhafi, aussi ignoble qu’il fût dans ses prémisses, le fût encore davantage dans ses conséquences. Et son auteur en paya l’atrocité par une fin horrible dont la portée symbolique n’est pas négligeable.
Il serait extrêmement léger de considérer qu’un grand pays en crise, riche –en biens et en ressources- peut se permettre de persister dans ce type d’outrance verbale. Si la maffia est au pouvoir Ouyahia doit la combattre ou démissionner.
On peut revoir, mille fois, le droit de réponse, réclamé et obtenu par le défunt Mehri à son retour de Rome après la réunion de San-Egidio où il soulève la question de la gravité des accusations portées contre l’opposition algérienne. Et où il s’offusque de la légèreté avec laquelle elles l’ont été. Quand un régime n’est plus responsable de ce qu’il dit, on en retient surtout qu’il n’est pas…. suffisamment responsable. Et ceci n’est pas sans conséquences.
L’esprit « zenga-zenga », ce mépris décomplexé de tous les usages, souvent hypocrites mais ô combien importants, qui font du personnage public de premier rang, un être responsable et –théoriquement au moins- comptable de ses propos devant les autres. Même dans les pires moments de crise.
Certes, l’époque ne se prête pas trop au respect des usages politiques. Des guerres sont menées sans jamais avoir été déclarées et des chefs d’armées coupables de crimes à répétition sont intronisés Nobel pour la Paix. Pour autant, il faut se garder d’avoir la mémoire courte. Ce qui vaut pour les uns ne vaut pas forcément pour les autres. Ainsi va le monde et pas seulement ce pays. Saddam Hussein et Mouamar el Kadhafi sont deux exemples magistraux de ces dérapages langagiers dans des pays trop coutumiers des dérives sans incidence.
Le mépris des usages politiques- et en politique - a grandement contribué au drame libyen. Le « zenga-zenga » de Kadhafi, aussi ignoble qu’il fût dans ses prémisses, le fût encore davantage dans ses conséquences. Et son auteur en paya l’atrocité par une fin horrible dont la portée symbolique n’est pas négligeable.
Il serait extrêmement léger de considérer qu’un grand pays en crise, riche –en biens et en ressources- peut se permettre de persister dans ce type d’outrance verbale. Si la maffia est au pouvoir Ouyahia doit la combattre ou démissionner.
On peut revoir, mille fois, le droit de réponse, réclamé et obtenu par le défunt Mehri à son retour de Rome après la réunion de San-Egidio où il soulève la question de la gravité des accusations portées contre l’opposition algérienne. Et où il s’offusque de la légèreté avec laquelle elles l’ont été. Quand un régime n’est plus responsable de ce qu’il dit, on en retient surtout qu’il n’est pas…. suffisamment responsable. Et ceci n’est pas sans conséquences.
Quand le pouvoir se parle à lui-même
Pour des raisons objectives, culturelles autant qu’historiques et politiques, le langage du pouvoir (y compris sur lui-même) ne peut-être que double, voire triple. Du fait de cette composition particulière du système que décrit fort bien Mustapha Mohammed dans son article pour ARI : Etat, sécurité et réforme le cas Algérien, le pouvoir a parfois besoin de se parler (besoin de parler à ses différents démembrements) en détournant sa propre expression publique à des fins internes. Une situation hautement préjudiciable au fonctionnement « normal » des institutions.
Le fikh des discours en guise de débat
On peut, décortiquer à l’infini les déclarations de nos responsables afin d’y déceler une confirmation de nos soupçons, de nos supputations ou de nos certitudes inébranlables. Un exercice auquel s’adonnent sans restriction les citoyens de tous bords. Au bout de cinquante ans de pratique, d’abord clandestine et marginale, puis publique et quasi-générale, le décodage des déclarations officielles est devenu une des composantes du problème. L’ijtihad des discours politique ou religieux est permanent. Il est également répétitif, informel, désordonné et n’ouvre sur aucune situation nouvelle. Juste la « tchatche » méditerranéenne qui se rajoute aux pratiques retorses du pouvoir (et/ou de la quête de pouvoir). Alors certains s’empressent de voir un signe dans les « affaires de Sanofi et EIIC » rendues publiques juste après les déclarations d’Ouyahia. On n’en saura pas davantage.
Pourtant, des milliards, de vrais milliards de dollars, vont continuer à être alloués à des secteurs, entreprises et administrations incapables de fonctionner selon des critères et normes reconnus par tous. Et ceci dans le mépris le plus total des voix qui s’élèvent pour réclamer un débat sur les politiques publiques et la gestion des ressources qui leur sont allouées.
Politique de santé publique et du médicament (voir à ce propos l'étude publiée dans le N° 13 de l'IPMED ), qui ne saurait se réduire à la polémique actuelle sur la pénurie (réelle ou fabriquée) de certains produits. De même pour le choix de l’investissement de 80 milliards de dollars dans les gaz de schiste (nous republions l'étude du Pr Ali Kefaifi ) qui n’a fait l’objet d’aucun débat sérieux, idem pour les autres projets généreusement financés avec l’argent public. Des Think tanks étrangers publient régulièrement, secteur après secteur, de vraies études faites par des algériens qui proposent une approche rationnelle susceptible d’éclairer les pouvoirs publics et l’opinion.
Les officiels ont décidé d’ignorer superbement l’expertise nationale et le débat public le plus large. Ils ont privilégié des « effets de com. » qui participent à la confusion générale. Une méthode qui neutralise la mobilisation citoyenne et fait effectivement la part belle à toutes les maffias.
Des milliards de dollars sont ainsi détournés par toutes sortes de criminels en col blanc pendant que, intentionnellement ou par incompétence, on nous raconte des salades. A la longue ce refus du débat constitue le véritable audit du système dans toutes ses déclinaisons.
Pourtant, des milliards, de vrais milliards de dollars, vont continuer à être alloués à des secteurs, entreprises et administrations incapables de fonctionner selon des critères et normes reconnus par tous. Et ceci dans le mépris le plus total des voix qui s’élèvent pour réclamer un débat sur les politiques publiques et la gestion des ressources qui leur sont allouées.
Politique de santé publique et du médicament (voir à ce propos l'étude publiée dans le N° 13 de l'IPMED ), qui ne saurait se réduire à la polémique actuelle sur la pénurie (réelle ou fabriquée) de certains produits. De même pour le choix de l’investissement de 80 milliards de dollars dans les gaz de schiste (nous republions l'étude du Pr Ali Kefaifi ) qui n’a fait l’objet d’aucun débat sérieux, idem pour les autres projets généreusement financés avec l’argent public. Des Think tanks étrangers publient régulièrement, secteur après secteur, de vraies études faites par des algériens qui proposent une approche rationnelle susceptible d’éclairer les pouvoirs publics et l’opinion.
Les officiels ont décidé d’ignorer superbement l’expertise nationale et le débat public le plus large. Ils ont privilégié des « effets de com. » qui participent à la confusion générale. Une méthode qui neutralise la mobilisation citoyenne et fait effectivement la part belle à toutes les maffias.
Des milliards de dollars sont ainsi détournés par toutes sortes de criminels en col blanc pendant que, intentionnellement ou par incompétence, on nous raconte des salades. A la longue ce refus du débat constitue le véritable audit du système dans toutes ses déclinaisons.




La décision prématurée sur les gaz non-conventionnels
