La Nation - Hebdomadaire Algérien

Numéro 101

Edition du 01 au 07 Mai 2013



Le SNJ, une vision et l’attente d’un fort engagement

B.A.B
Mercredi 4 Mai 2011

L’eau a coulé sous les ponts depuis cette assemblée générale constitutive conduite manu militari à la salle des fêtes du centre de thalassothérapie de Sidi Fredj, il y a plus d’une décennie, sous le contrôle de divers fonctionnaires du gouvernement dont ceux du ministère de la Communication. Le gouvernement estimait alors qu’il fallait « encadrer » ces journalistes « trop livrés à eux-mêmes ».



Il fallait surtout un interlocuteur pour que le ministère « de tutelle » puisse légitimer des décisions relatives à la presse. C’était la période ou un ministre en exercice avait eu l’idée « d’une ligne éditoriale de l’état ». Personne, alors, ne lui avait fait remarquer qu’il suffisait de se ressourcer dans le concept du service public et de l’appliquer à l’information. La chose ayant été appliquée avec succès durant la période 1990-92.

Le capital de la presse

Il n’en sera rien et plusieurs ministres se sont succédés à la communication sans que l’un d’entre eux ne mit la main à la pâte, le Snj non plus, d’ailleurs les circonstances de sa naissance ne le vouaient pas à cette activité….le Snj devait occuper un terrain vacant. Un meuble. Peu importe qu’il soit minoritaire ou sectaire, tel qu’il a été perçu durant ces dernières années jusqu’à aujourd’hui, du moins jusqu’à cette déclaration *du 23 avril dernier.
Avec des dizaines de journalistes, le groupuscule de dinosaures qui la signe aujourd’hui était trop occupé hier, et on peut les comprendre, à monter des entreprises de presse. Espérons qu’aujourd’hui, elles sont suffisamment solides et en mesure de mener la bataille frontale qu’annonce cette déclaration du Snj. Espérons aussi que ceux qui se sont amusés à « suridéologiser » l’information, à s’essayer à des jeux de manipulations grandeur nature, ou à se prendre pour des acteurs politiques ont compris qu’il faut mieux…se contenter juste d’être
professionnel. C’est le capital de la presse, tout genre confondu.

De sérieuses batailles à mener

La déclaration du Snj en trace le cap. Pour l’atteindre, il y a des batailles à mener, des forces à constituer et une très grande dose de conviction, sachant que l’on n’a rien pour rien. A commencer par le secteur public ou tout est en place pour être opérationnel. La loi de 1990, contient l’article 10 qui dit : « Les organes et les titres du secteur public ne doivent en aucune circonstance tenir compte d’influence ou de considération de nature à compromettre l’exactitude de l’information. Ils assurent l’égal accès à l’expression des courants d’opinion et de pensée ». Il n’y a pas à attendre une instruction présidentielle ou ministérielle pour appliquer cet article, très clair. Il y a juste à en fixer les modalités pratiques en interne entre journalistes.

Sur un tel aspect, il n’y a aucune urgence à modifier la loi sur l’information. La priorité c’est de réguler le champ de la presse écrite squatté par une foultitude de titres qui émiettent et dispersent le lectorat. Pour cela, il faut veiller à l’application du droit du travail, à verser au moins ( !) le « smig » aux journalistes débutants et « juste » réguler avec un office de justification de la diffusion (OJD) et une publication des comptes de ces dizaines de journaux, selon les dispositions légales et réglementaires, auprès du CNRC. La compétition saine prendra forme. Les situations acquises avec de grosses rentes laissent augurer de sérieuses batailles si les « snjistes » se décident à monter au front.

BAB.


*Déclaration du Syndicat national des Journalistes ( 23 avril 2011)

Extrait : « - considérons que la loi 90/07 du 3 avril 1990 est l’acte fondateur de la liberté de la presse en Algérie, nous mettons en garde contre toute velléité d’une révision substantielle de cette loi, par ailleurs garante des normes universellement admises pour une presse libre, organisée et dotée d’instances de régulation et d’un encadrement juridique et législatif digne des démocraties les plus achevées ;
- exigeons, au contraire des pouvoirs publics, qu’ils respectent et qu’ils fassent respecter, comme c’est leur devoir, cette loi dont les violations régulières et volontaires sont la cause principale de la situation d’anarchie, de décadence et de précarité de la presse algérienne de ce début du XXIe siècle ».


Edito | Conjoncture | Monde | Contributions | Billet | Dossier | Entretien | Soutien | أقلام عربية | Mémoire | وجهة نظر | Vidéos








LATUFF CARTOONS

Vidéos à la Une
Conjoncture
Ahmed Selmane | 20/03/2012 | 4252 vues
00000  (0 vote)

Derniers tweets

Météo fournie par DzMeteo.com