La Nation - Hebdomadaire Algérien

Numéro 101

Edition du 01 au 07 Mai 2013



Le boycott des legislatives du 10 mai 2012, est-il une faute politique gravissime ?

Dr. NAÏT ABDALLAH Rabah
Mardi 13 Mars 2012



Dr. NAÏT ABDALLAH Rabah
Dr. NAÏT ABDALLAH Rabah
Certes, le boycott d’un scrutin électoral donné, peut avoir des justifications irréfutables, pour une personne isolée, comme pour une organisation de personnes, à l’instar du droit de grève, par exemple.

C’est ce refus d’exercer et de jouir de ses devoir et droit de vote, que l’on oppose légitimement, et  souvent légalement, à une gouvernance défaillante et à laquelle on désire retirer, ainsi, sa confiance afin de la sanctionner et  en espérer le changement revendiqué. C’est ce qui justifia, j’en suis convaincu, la pertinence des différents boycottages, réfléchis et responsables, de précédents référendums et scrutins électoraux, de la part du FFS.

J’avoue humblement que, tout récemment vers la fin février, j’ai été découragé, désespéré et déprimé par la débilité de la gouvernance militaro-policière de « la maffia politico-financière », corrompue et clanique qui a placé, notre pays, sous le protectorat étranger et son Etat dans la crise durable, après avoir affaibli et retardé notre peuple, et désorganisé notre société algérienne. J’ai eu, alors, la non moins débile idée, de me suicider par le feu, publiquement, sur la Place des martyrs, à Alger. Sinon, de me détourner définitivement de la politique de ma patrie, du politique en général et de démissionner, avec beaucoup de regret, du seul et crédible parti de l’espoir national, le Front des forces socialistes, le FFS, au cas où, son président Hocine AÏT AHMED et son Conseil national, décideraient, eux aussi, au terme de la Convention nationale du FFS, de participer à la énième compétition des législatives du 10 mai prochain, joignant ainsi leur décision au pressant appel à participation du chef de l’Etat et de certains militants FFS et autres amateurs avides de "la mangeoire" officielle ; sachant que ces dernières élections seront légalement truquées en faveur des partis du pouvoir l’Exécutif, comme d’habitude, dispositions des articles 151 et 168 de la loi électorale amendée en 2012, obligent.

Heureusement que, quelques jours plus tard, le message, pédagogique et de très haut niveau politique, que le président du FFS, monsieur Hocine AÏT AHMED, devait adresser à son Conseil national réuni en session extraordinaire, à huis clos, tombera à point, le jour-même de mon anniversaire du 2 mars 1937, pour me convaincre, me remonter le moral, me permettre de me ressaisir et m’éviter, ainsi, de commettre la faute politique et civique que j’allais réaliser par manque de connaissance en sciences et en éducation politiques. En effet, ce message historique et réveil de la saine conscience politique, mérite, à mon humble avis, d’être traduit en arabe et dans d’autres langues, éventuellement, et largement diffusé, afin de le rendre accessible aux Algériennes et Algériens, à l’intérieur et à l’extérieur de l’Algérie. Car, de la leçon que je viens d’en tirer, je retiens qu’il a réussi à me convaincre que l’obstacle infranchissable qui empêchait le changement de la RADP défaillante et sur lequel je butais, m’ensablais, pataugeais et m’enlisais, était tout naturellement contournable, en prenant une autre voie différente. Ce message explicite, précisément, les moyens de contourner la voie aventureuse, gaspilleuse, appauvrissante, antidémocratique et antipatriotique, suivie jusque-là par le Système de pouvoir de la RADP.

Alors que cet obstacle explosif et mortel, que je confondais avec le fameux rocher du mythe de Sisyphe empêchant d’atteindre le sommet de la montagne, sera désormais, simplement et intelligemment, contourné vers la voie du changement, par le programme de l’alternative politique, pacifique et démocratique, telle que la proposait depuis toujours, d'ailleurs, le FFS. Ainsi, la voie de la primauté du politique, que propose le FFS comme voie de contournement salutaire pour l'Algérie et le peuple algérien et aussi pour le parti d'opposition, de propositions et de compromis sans compromission, passe, justement et pertinemment, par la participation active et néanmoins tactique, aux législatives du 10 mai prochain dont l’enjeu capital et décisif, aujourd’hui plus qu’auparavant, conditionne, à la fois le salut de l’Algérie et la souveraineté du peuple algérien sur son État, sur l’intégrité de son territoire, sur ses richesses humaines et matérielles formelles et informelles, et sur l’avenir florissant, démocratique et patriotique des Algériennes et Algériens.

Mais, le boycottage, assimilé à un remède ou à une solution pour traiter et solutionner, démocratiquement et pacifiquement, un problème d’essence syndicale ou politique, peut s’avérer, dans certaines circonstances, être une faute et constituer même, une faute gravissime. Cette dernière  pourrait amener un chef de parti, responsable d’une telle décision de boycott inadaptée, à présenter spontanément sa démission du poste de chef, avant-même d’en être démis par la base militante déçue et révoltée par une telle faute politique décisionnelle.  Une telle décision du chef en faveur de la démission, laquelle est si rare et pourtant souvent souhaitable dans les rangs des incompétents dirigeants de l’Algérie retardée et déclassée durablement et dans les institutions et organisations victimes en conséquence, permet, au  moins, de sauvegarder ce qui reste de dignité humaine dans notre malheureux pays d’où, le régime despotique au pouvoir de la RADP, pousse ses valeureux concitoyens à l’exil sinon à la harga ou au suicide, ou alors à la résignation à l’impuissance (Allah ghaleb !).

D’où, la pertinence du questionnement qui concerne les raisons pour lesquelles le boycott, particulièrement des législatives du 10 mai prochain, constitue une faute politique gravissime et antipatriotique, d’une part, et d’autre part, savoir comment le vote pour certains partis politiques, anciennement ou nouvellement agréés, n’est pas moins faute politique de l’électeur.
Libre à chaque électrice et électeur d’y réfléchir avant de juger et de prendre sa décision en son âme et conscience.

Ainsi, la particularité des législatives du 10 mai 2012 réside dans le subterfuge, malhonnête intellectuellement, du pouvoir de la RADP qui ruse et trompe son peuple. En effet, ce pouvoir cherche à y faire admettre sa « Constituante », conçue sur mesure à l’instar de le première Constituante de 1963, aussi restrictive que celle-là, et née également d’un coup de force constitutionnel, lequel lui fit adopter la 1ère Constitution nationale qui fut préfabriquée tarée dans un cinéma d’Alger, le Magestic. Et pour cela, en guise de « coup d’Etat scientifique » à la place des coups d’Etat militaires où le Système du pouvoir a prouvé sa maîtrise incontestable, il utilise, maintenant, le suffrage universel qu’il a préalablement pollué à travers les dispositions scélérates des articles 151 et 168 de la loi organique numéro 12-01 du 12 janvier 2012, sur le régime électoral.

Cette loi-ci a la prétention d’amender la même loi originelle qui est portée par l’ordonnance du 6 mars 1997 laquelle consacrait la perte du monopole politique du parti unique, de triste mémoire, mais cet amendement de la loi ne la modifie pas profondément. Car elle reconduit, tout simplement, le pouvoir Exécutif, dans son déloyal rôle de « juge et partie », en lui permettant légalement de désigner, d’une manière qui me parait inadmissible car récusable éthiquement, des magistrats arbitres ou superviseurs des scrutins, grâce à l’article numéro 88 de la loi de
1997, dont les dispositions scélérates sont transférées du numéro 88 vers les articles numéro 151 et 168, respectivement, de la loi 2012.

Les magistrats algériens sont nombreux à lutter courageusement pour arracher l’indépendance écrite et pratique de la justice en Algérie, et pour faire respecter la déontologie, l’éthique, l’équité et l’impartialité, toutes ces qualités et valeurs qui fondent leur honneur personnel, et celui de leur noble profession. Ils sont plus habilités et plus compétents que les commis de l’Exécutif de l’Etat, pour élire ou choisir démocratiquement parmi eux, ceux qui seraient chargé(e)s de l’arbitrage et de la supervision des scrutins et des référendums.

Il me semble, ainsi que se l’imaginent injustement les responsables politiques des partis du pouvoir dont le chef de l’Etat, président d’honneur du parti FLN, à travers son discours du 24 février 2012, à Arzew, que tout est préparé et réglé d’avance, afin que les candidates et candidats algériens à ces élections législatives du 10 mai prochain, soient plébiscité(e)s, par les urnes encore pipées comme d’habitude, député(e)s de l’Assemblée nationale populaire (APN), dans un premier temps. Dans un deuxième temps, ces député(e)s seront muté(e)s, ensuite, en membres d’une « Assemblée constituante » qui sera chargée de l’élaboration et de l’adoption de la loi des lois, c’est-à-dire la Constitution nationale ou « Destour ».

Il y a lieu de s’interroger, alors, sur la qualité de représentativité d’une telle « Constituante », comparativement à celle de l’« Assemblée nationale constituante, indépendante, souveraine, représentative sans exclusion aucune », donc inclusive au lieu d’exclusive, que Hocine AÏT AHMED, président du FFS, n’a cessé de proposer et de défendre avec la démocratie et les droits de l’homme, ici et maintenant, depuis la libération de l’Algérie et même avant.

Il me semble évident que la Constituante proposée par le chef de l’Etat dans ses « réformes » avec le soutien des partis FLN et ses succédanés partis satellites « nés avec leur moustache » ou récemment adoubés, ne représente que l’étroite frange de la population algérienne qui aura pris part au scrutin des législatives du 10 mai 2012. On est donc autorisé à la qualifier de « Constituante restrictive » ou exclusive. Celle-ci est, pour rappel, aussi restrictive que la 1ère Constituante de 1963 et ne pourra donc adopter en 2012 ou plus tard, qu’une Constitution nationale aussi tarée congénitale que la 1ère de 1963.

Tandis que la Constituante, modèle du président du FFS, elle représente, en son sein, l’ensemble des différentes franges et sensibilités existant dans de la population algérienne, sans exclusion préalable. On peut donc la qualifier de « Constituante inclusive », c’est-à-dire représentative sans aucune exclusion volontaire ou non, donc unificatrice de toutes les communautés de notre pays, dans le cadre sacré de l’unité du territoire indivise et du peuple souverain. 

Par ailleurs, la « Constituante restrictive », issue de la mutation des élus des législatives en question et suggérée par les réformes du chef de l’Etat, est dangereusement exposée à d’éventuelles influences et manipulations de la part de celui-ci, directement, ou indirectement par l’intermédiaire de ses dépendances, spécialisées en la matière et particulièrement dans « les coups d’Etat scientifiques ». Car, en effet, le président de la République possède le droit constitutionnel de prononcer la dissolution de la chambre des députés, donc de la « constituante restrictive » par ricochet, en cas de désobéissance de cette dernière aux diktats, en matière de droit constitutionnel, de celui-là.

Ainsi donc, la « Constituante inclusive » soutenue par le président du FFS, se trouve, par rapport à la « Constituante restrictive », plus autonome, plus souveraine, plus représentative, plus indépendante, et, en définitive, plus à l’abri des injonctions, éventuelles mais habituelles, de l’Exécutif de la RADP.

De plus, elle s’avère plus unificatrice de la nation algérienne, dans ses riches différences, à l’image du burnous du prophète Mohammed (que le salut soit sur Lui). A la décision du prophète de faire transporter la Pierre noire à la mosquée de Mecca, les tribus allaient se disputer entre elles ; qui aura l’honneur et le privilège de la hassana pour réaliser ce transport. Il étala son burnous sur le sable, y plaça la Pierre noire, puis invita les tribus à déléguer chacune, sans aucune exclusion, un représentant pour saisir ensemble le pourtour du burnous et réaliser le transport demandé. Par cette facilité intelligente où le burnous pourrait représenter, à mon sens, la « Constituante inclusive » modèle Hocine AÏT AHMED, le prophète avait uni son peuple dans la bonne action et induit la réconciliation et la paix des cœurs entre les personnes, de loin meilleure que la loi liberticide de « la charte pour la paix et la réconciliation nationale », plébiscitée par le référendum du 29 septembre 2005, légalement pipé comme à l’accoutumé du régime despotique ; ce 29 septembre coïncidant, volontairement ou pas, avec le 42ème anniversaire de la fondation du FFS le 29.9.1963.

Sachant que la spécificité de la Constituante réside dans sa mission et dans sa durée de vie laquelle s’achève définitivement au terme de l’accomplissement de cette mission, consistant à élaborer et à adopter une Constitution nationale durable ; elle prononcera aussitôt son autodissolution. Ce type de dissolution n’est certainement pas identique à la dissolution que peut prononcer le président de la République à l’encontre de la chambre des député(e)s, l’APN.

En conclusion, s’il y a à choisir, d’une manière réfléchie, raisonnée et réaliste, plus objective que subjective, plus impartiale que juge et partie, entre la « Constituante inclusive » de Hocine AÏT AHMED et la « Constituante restrictive » telle que prévue dans les réformes du chef de l’Etat, mon choix va vers la première, sans regret, car plus loyale, plus unificatrice du peuple et du pays qu’on s’acharne à diviser et affaiblir pour mieux l’exposer aux agresseurs de l’étranger, et lui voler ses richesses humaines et matérielles.

Parce qu’elle est plus viable, la « Constituante inclusive » m’inspire à ne voter qu’en faveur des listes FFS. En votant ainsi, j’évite de commettre la faute politique suscitée. Mais dans les wilayate où ces listes FFS seraient absentes, je n’irai pas voter nul ou blanc, afin d’éviter le bourrage des urnes, à travers ma signature alignée sur le registre des votant(e)s du bureau  de vote, bourrage devenu, hélas, classique en RADP.


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