L’Europe a été récompensée, « pour avoir contribué pendant plus de six décennies à promouvoir la paix, la réconciliation, la démocratie et les droits de l’homme en Europe ». C’est en ces termes que le jury du prix a justifié l’attribution du Nobel de la paix à l’Union Européenne. La décision fait polémique et a été amplement commentée partout de part le monde.
Alors que l’on commémore le massacre des Algériens à Paris, le 17 octobre 1961, cette distinction peut prendre, pour nous, des allures de réécriture de l’Histoire. Même sur son sol, l’Europe n’a pas eu ce comportement civilisé qu’on veut bien récompenser. Il ne s’agît pas de nier l’immense apport de l’Europe à la culture humaine, ni sa position prépondérante dans la production d’avancées majeures de la civilisation contemporaine dans le domaine scientifique, social et politique. Mais si les luttes des citoyens européens ont élargi le domaine des droits humains et des libertés publiques, il n’est pas du tout certain que les politiques des Etats européens en aient, lors des 60 dernières années, toujours tenu compte dans la pratique.
En Europe, des populations se battent…
Pour la promotion de la paix, de la réconciliation et du respect des droits de l’Homme, il y a bien des gens à encourager et des choses à faire en Europe. En primant, par exemple, des militants grecs qui se battent contre la pauvreté, pour la dignité des travailleurs et des plus démunis et contre l’expansion de mouvements d’extrême-droite fascistes et racistes.
Ou les « Indignados » espagnols qui s’organisent pacifiquement et qui se mobilisent inlassablement pour des politiques publiques moins brutales, moins inégalitaire, moins méprisantes de la dignité de populations entières livrées à la précarité.
Ou les syndicalistes portugais, ou les irlandais, ou les citoyens islandais qui ont refusé le diktat des « marchés ». Ceci pour le « sol européen ». Pour le reste du monde, et pour s’en tenir aux seuls endroits concernés par une politique étrangère européenne conduite tambour-battant ces derniers mois.
Hors d’Europe…
Pour rendre hommage à la clairvoyance européenne et à l’engagement de sa politique étrangère pour ces nobles idéaux, le jury du Nobel aurait pu primer des militants libyens activement engagés pour la réconciliation nationale, le respect des droits de l’Homme, la démilitarisation du politique etc. Histoire de leur envoyer autre chose que les bombardiers de l’Otan et les conseillers militaires spéciaux.
Ou bien, distinguer des militants syriens opposants à la machine de guerre de Bachar al Assad autant qu’à la folie sanguinaire des groupes djihadistes, ce qui prouverait que l’Europe veut vraiment aider à une sortie de crise qui préserve l’avenir de la Syrie et donner une chance à la construction d’une alternative démocratique au bain de sang et à la dictature.
On aurait pu distinguer des militants maliens opposés à la guerre autant qu’au terrorisme et engagés en faveur d’une solution politique à la crise qui ravage leur pays, pour restituer à la population sa part de responsabilité dans la construction d’institutions solides, représentatives et démocratiques, tout en préservant leur souveraineté et l’intégrité de leur territoire.
Ou… Tous, Ensemble !
On aurait même pu distinguer toutes ces personnes en même temps. Unir militants européens et non européens dans un même geste qui restitue, aux idéaux des droits de l’Homme, leur universalité. Une universalité qui, elle seule, en ces temps si troublés, pourrait redonner espoir à des millions d’hommes et de femmes éreintés par une globalisation néo-libérale ravageuse.
Pour le Prix Omar Ourtilane institué par le qutodien "El Khabar" attribué cette année à Edwy Plenel, on n’a pu trouver un site qui lui soit consacré.
Que dire ? Qu’Edwy Plenel est effectivement un grand journaliste, amplement reconnu en France et partout dans le monde. Que, parfois, cette façon de « distinguer » des gens qui n’en n’ont pas vraiment besoin, même s’ils méritent tous les honneurs, ressemble un peu trop à l'habitude qu’ont certains notables, chez nous, d’insister pour faire manger des visiteurs repus, alors que dans leur cuisine, le personnel est sous-alimenté.
En ces temps si durs, pour un exercice honnête du métier de journaliste et où il y a tant à faire pour donner au journaliste des conditions de travail honnorables et au citoyen une information crédible et de qualité, on pourrait, pendant des années, distinguer les correspondants de presse locaux auxquels manquent, si cruellement, moyens et visibilité. Sans leur travail appuyé sur corporation organisée et forte, comment savoir ce qui s’est vraiment passé à Azazga, à Mascara, à Ouargla, à Annaba et partout ailleurs dans ce vaste pays sans cesse secoué par des bavures, des émeutes, des scandales, des affaires de toutes sortes, dont il ne reste, après des manchettes ravageuses, qu’une vague rumeur où ce que dit l’un est aussitôt démenti par ce qu’en dit l’autre. Mais...




La décision prématurée sur les gaz non-conventionnels
