Ministre de la santé Djamel Ould Abbès
Ah, la belle lettre envoyée par M. Ahmed Ouyahia à Djamel Ould Abbès ! Dans un style admirable, avec des mots choisis, soigneusement pesés, le chef du gouvernement a remis Ould Abbès à sa place, tout en lui rappelant ses responsabilités, avec la lourde tâche qui lui incombe, celle de garantir des soins de qualité aux citoyens algériens.
Rien ne manquait à cette lettre, ni le ton officiel et sobre, ni le style concis, comme il sied à un chef de gouvernement, ni les rappels à la grandeur politique dont doit faire preuve un ministre de la république. M. Ouyahia a ainsi rappelé au ministre de la santé toutes les défaillances enregistrées dans son secteur, ce qui se répercute sur la qualité des soins proposés aux Algériens.
A peine peut-on reprocher à M. Ouyahia d’avoir mis un peu de temps à rendre publique cette lettre, qui intervient après une série de scandales qu’a connus le secteur : ruptures répétées des stocks de médicaments, insuffisance des structures nécessaires pour prendre en charge certaines maladies, comme le cancer, désorganisation du secteur ; autant de problèmes auxquels viennent se greffer les grèves cycliques du personnel.
Tout ceci, évidemment, est de la responsabilité de M. Ould Abbès qui, malgré ses efforts, ne peut venir à bout de tous ces problèmes. Rendez-vous compte : le ministre doit à la fois trouver des médicaments aux cancéreux, négocier avec les résidents et spécialistes, signer des contrats avec des entreprises américaines et satisfaire les revendications, légitimes ou non, du personnel paramédical. Il doit aussi visiter les hôpitaux, veiller au lancement d’une industrie pharmaceutique pour assurer une autonomie du pays dans le domaine, chapeauter la recherche scientifique et, accessoirement, intervenir à la télévision pour assurer au pays que tout va bien. Même un homme aussi dynamique que M. Ould Abbès ne peut mener des tâches aussi multiples !
Comme le ministre tourne en rond, sans trouver de solutions aux problèmes qu’il se contente de gérer, sans jamais les résoudre, il fallait une intervention musclée pour le rappeler à l’ordre. Et peu importe si certains trouvent que l’intervention de M. Ouyahia est déplacée, ou lui trouvent un côté politicien. Certains analystes n’ont en effet pas hésité à dire que le chef du gouvernement a taclé un ministre appartenant au clan de M. Bouteflika, pour signifier clairement au chef de l’Etat que ses protégés sont décidément des incompétents.
D’autres ont trouvé que l’intervention de M. Ouyahia sur le terrain de M. Bouteflika révèle un certain courage, voire du panache ! Un troisième courant, visiblement hostile à M. Ouyahia, a toutefois critiqué le chef du gouvernement, estimant que la lettre de M. Ouyahia visait simplement à dire à M. Bouteflika qu’il ne faut pas lui imputer les problèmes du secteur de la santé, du moment qu’un proche du chef de l’Etat s’en occupe. Par sa lettre, M. Ouyahia montre qu’il n’est guère différent des autres : il veut juste sortir indemne de cette histoire, en faisant en sorte que sa responsabilité ne soit pas mise en cause dans le calvaire de ces malades qui ne trouvent ni médicaments, ni structures pour les prendre en charge.
La polémique est dès lors lancée. En décidant de rendre publique cette lettre, M. Ouyahia a-t-il fait preuve d’habileté politique, en jetant en pâture un ministre au comportement plutôt folklorique? Ou au contraire, a-t-il commis une gaffe, en s’attaquant à un proche du président, en piétinant le carré réservé du chef de l’état ? A-t-il fait preuve de courage, ou bien cette lettre a-t-elle révélé sa lâcheté politique ?
Les avis sur la question sont partagés. Mais ils se rejoignent sur d’autres points. MM. Ouyahia et Ould Abbès font partie du même gouvernement, le premier ayant nommé le second, et à ce titre, ils sont solidaires de tout ce que fait le gouvernement. En outre, ni l’un ni l’autre ne peuvent régler les problèmes du secteur en Algérie, car ils abordent le sujet par le mauvais bout. Enfin, si M. Ouyahia ou Ould Abbès tombent malades, ils n’iront pas se faire soigner à l’hôpital de Aïn-Defla, mais en France. En ce sens, ils ont raison de ne pas s’intéresser au sort des hôpitaux algériens et au circuit des médicaments : il n’y a jamais de rupture de stock au Val de Grâce, et les équipements n’y sont jamais en panne.
Rien ne manquait à cette lettre, ni le ton officiel et sobre, ni le style concis, comme il sied à un chef de gouvernement, ni les rappels à la grandeur politique dont doit faire preuve un ministre de la république. M. Ouyahia a ainsi rappelé au ministre de la santé toutes les défaillances enregistrées dans son secteur, ce qui se répercute sur la qualité des soins proposés aux Algériens.
A peine peut-on reprocher à M. Ouyahia d’avoir mis un peu de temps à rendre publique cette lettre, qui intervient après une série de scandales qu’a connus le secteur : ruptures répétées des stocks de médicaments, insuffisance des structures nécessaires pour prendre en charge certaines maladies, comme le cancer, désorganisation du secteur ; autant de problèmes auxquels viennent se greffer les grèves cycliques du personnel.
Tout ceci, évidemment, est de la responsabilité de M. Ould Abbès qui, malgré ses efforts, ne peut venir à bout de tous ces problèmes. Rendez-vous compte : le ministre doit à la fois trouver des médicaments aux cancéreux, négocier avec les résidents et spécialistes, signer des contrats avec des entreprises américaines et satisfaire les revendications, légitimes ou non, du personnel paramédical. Il doit aussi visiter les hôpitaux, veiller au lancement d’une industrie pharmaceutique pour assurer une autonomie du pays dans le domaine, chapeauter la recherche scientifique et, accessoirement, intervenir à la télévision pour assurer au pays que tout va bien. Même un homme aussi dynamique que M. Ould Abbès ne peut mener des tâches aussi multiples !
Comme le ministre tourne en rond, sans trouver de solutions aux problèmes qu’il se contente de gérer, sans jamais les résoudre, il fallait une intervention musclée pour le rappeler à l’ordre. Et peu importe si certains trouvent que l’intervention de M. Ouyahia est déplacée, ou lui trouvent un côté politicien. Certains analystes n’ont en effet pas hésité à dire que le chef du gouvernement a taclé un ministre appartenant au clan de M. Bouteflika, pour signifier clairement au chef de l’Etat que ses protégés sont décidément des incompétents.
D’autres ont trouvé que l’intervention de M. Ouyahia sur le terrain de M. Bouteflika révèle un certain courage, voire du panache ! Un troisième courant, visiblement hostile à M. Ouyahia, a toutefois critiqué le chef du gouvernement, estimant que la lettre de M. Ouyahia visait simplement à dire à M. Bouteflika qu’il ne faut pas lui imputer les problèmes du secteur de la santé, du moment qu’un proche du chef de l’Etat s’en occupe. Par sa lettre, M. Ouyahia montre qu’il n’est guère différent des autres : il veut juste sortir indemne de cette histoire, en faisant en sorte que sa responsabilité ne soit pas mise en cause dans le calvaire de ces malades qui ne trouvent ni médicaments, ni structures pour les prendre en charge.
La polémique est dès lors lancée. En décidant de rendre publique cette lettre, M. Ouyahia a-t-il fait preuve d’habileté politique, en jetant en pâture un ministre au comportement plutôt folklorique? Ou au contraire, a-t-il commis une gaffe, en s’attaquant à un proche du président, en piétinant le carré réservé du chef de l’état ? A-t-il fait preuve de courage, ou bien cette lettre a-t-elle révélé sa lâcheté politique ?
Les avis sur la question sont partagés. Mais ils se rejoignent sur d’autres points. MM. Ouyahia et Ould Abbès font partie du même gouvernement, le premier ayant nommé le second, et à ce titre, ils sont solidaires de tout ce que fait le gouvernement. En outre, ni l’un ni l’autre ne peuvent régler les problèmes du secteur en Algérie, car ils abordent le sujet par le mauvais bout. Enfin, si M. Ouyahia ou Ould Abbès tombent malades, ils n’iront pas se faire soigner à l’hôpital de Aïn-Defla, mais en France. En ce sens, ils ont raison de ne pas s’intéresser au sort des hôpitaux algériens et au circuit des médicaments : il n’y a jamais de rupture de stock au Val de Grâce, et les équipements n’y sont jamais en panne.




La décision prématurée sur les gaz non-conventionnels

