Le massacre de Sabra et Chatila intervint lors de l’invasion du Liban déclenchée par Israël le 6 juin 1982. Après une résistance des forces palestiniennes (OLP) et libanaises progressistes, les troupes de Tel-Aviv atteignirent Beyrouth le 12. Elles y opérèrent leur jonction avec les sections phalangistes de Bachir Gemayel. Le siège particulièrement meurtrier de la capitale libanaise durera tout l’été. A la suite du plan Habib du 20 août, présenté par le département d’Etat américain, les forces combattantes de l’OLP quittèrent Beyrouth le 21 août sur des navires militaires français. La force multinationale, composée de 800 Français, 500 Italiens et 800 Américains, commença à se déployer. Elle était appelée à rester un mois en vue de veiller, entre autres, à la protection des civils palestiniens restés sur place.
Le 23 août, Bachir Gemayel était élu président. Ces deux événements consacraient la victoire des forces d’extrême-droite libanaises pro-israéliennes dans la guerre civile libanaise qui durait depuis 1975.
Le massacre
Mais les Etats-Unis ne tiendront pas parole et leurs troupes commenceront à se retirer le 3 septembre – suivies des troupes françaises et italiennes - alors que les phalangistes prenaient position aux abords des camps de Sabra et Chatila. Le 10, le retrait des soldats occidentaux était achevé alors qu’il devait initialement se dérouler entre le 21 et le 26 septembre.
Le 14, Bachir Gemayel et 60 de ses partisans furent tués lors d’un attentat à la bombe. Le 15, Ariel Sharon, ministre israélien de la Défense, décidait d’entrer à Beyrouth-ouest pour «détruire l'infrastructure laissée par les terroristes» comme il le déclarera plus tard à la Knesset . L’armée israélienne bouclait les camps de Sabra et Chatila. Au cours des deux nuits suivantes, les soldats israéliens tireront des fusées éclairantes au-dessus des camps pendant qu’une section de phalangistes dirigée par Elie Hobeika assassinera entre 700 et 3 500 civils palestiniens, dont des femmes et des enfants. Avant sa mort, le chef phalangiste impliquera directement Ariel Sharon et les forces spéciales israéliennes dans le massacre. Une Commission d’enquête indépendante, dirigée par Sean McBride – avocat, homme politique irlandais ancien chef d’état-major de l’Irish Republican Army (IRA), puis fondateur d'Amnesty international et Prix Nobel de la paix en 1974 – avait déjà abouti à une telle conclusion.
Ni dérapage ni accident
La tuerie de Sabra et Chatila ne fut pas un accident. Toute l’histoire de la colonisation de la Palestine par le mouvement sioniste est ponctuée de massacres : Saliha, Deir Yassin, Lydda, El Dawayima, Abus Shusha, Al Tantura… au moment de la guerre de 1948, Kafer Kassem en 1956 au cours de l’agression tripartite (France, Grande-Bretagne, Israël) de l’Egypte qui venait de nationaliser le canal de Suez… Plus tard, il y aura Jénine, Ghaza… Au cours du siège de Beyrouth de cet été 1982, l’armée israélienne n’hésita pas à utiliser des bombes au phosphore, au napalm, des clusters et des bombes à fragmentation qui provoquèrent de nombreuses pertes civiles.
Comme les massacres qui l’avaient précédé ainsi que ceux qui devaient le suivre, le massacre de Sabra et Chatila ne peut s’assimiler à un dérapage. Il s’avérait au contraire nécessaire pour jeter l’effroi au sein de la communauté palestinienne du Liban qui était la seule à résister militairement à Israël depuis que l’OLP avait été chassée de Jordanie à la suite du massacre de septembre Noir perpétré en 1970 par le roi Hussein de Jordanie.
Car l’objectif stratégique de «Paix en Galilée» consistait à anéantir ce qui restait de l’OLP au pays du Cèdre. Objectif stratégique largement atteint avec le bannissement de cette organisation vers la Tunisie et la mise au pas militaire et politique de la communauté palestinienne au Liban.
C’est cet objectif stratégique, partagé par les phalangistes, Israël et les occidentaux qui explique la complicité active ou passive de ces différents acteurs dans ce massacre. Paralysée de son côté par le système politique confessionnel qui domine le pays, la faible armée libanaise ne pouvait intervenir. Quant aux troupes syriennes, elles ne livrèrent bataille aux Israéliens que sur les seuls territoires libanais contrôlés par Damas en vertu des accords de 1976. Le régime de Hafez El Assad abandonna ainsi l’OLP qu’il avait déjà largement contribué à affaiblir par son intervention militaire de 1975.
Le 23 août, Bachir Gemayel était élu président. Ces deux événements consacraient la victoire des forces d’extrême-droite libanaises pro-israéliennes dans la guerre civile libanaise qui durait depuis 1975.
Le massacre
Mais les Etats-Unis ne tiendront pas parole et leurs troupes commenceront à se retirer le 3 septembre – suivies des troupes françaises et italiennes - alors que les phalangistes prenaient position aux abords des camps de Sabra et Chatila. Le 10, le retrait des soldats occidentaux était achevé alors qu’il devait initialement se dérouler entre le 21 et le 26 septembre.
Le 14, Bachir Gemayel et 60 de ses partisans furent tués lors d’un attentat à la bombe. Le 15, Ariel Sharon, ministre israélien de la Défense, décidait d’entrer à Beyrouth-ouest pour «détruire l'infrastructure laissée par les terroristes» comme il le déclarera plus tard à la Knesset . L’armée israélienne bouclait les camps de Sabra et Chatila. Au cours des deux nuits suivantes, les soldats israéliens tireront des fusées éclairantes au-dessus des camps pendant qu’une section de phalangistes dirigée par Elie Hobeika assassinera entre 700 et 3 500 civils palestiniens, dont des femmes et des enfants. Avant sa mort, le chef phalangiste impliquera directement Ariel Sharon et les forces spéciales israéliennes dans le massacre. Une Commission d’enquête indépendante, dirigée par Sean McBride – avocat, homme politique irlandais ancien chef d’état-major de l’Irish Republican Army (IRA), puis fondateur d'Amnesty international et Prix Nobel de la paix en 1974 – avait déjà abouti à une telle conclusion.
Ni dérapage ni accident
La tuerie de Sabra et Chatila ne fut pas un accident. Toute l’histoire de la colonisation de la Palestine par le mouvement sioniste est ponctuée de massacres : Saliha, Deir Yassin, Lydda, El Dawayima, Abus Shusha, Al Tantura… au moment de la guerre de 1948, Kafer Kassem en 1956 au cours de l’agression tripartite (France, Grande-Bretagne, Israël) de l’Egypte qui venait de nationaliser le canal de Suez… Plus tard, il y aura Jénine, Ghaza… Au cours du siège de Beyrouth de cet été 1982, l’armée israélienne n’hésita pas à utiliser des bombes au phosphore, au napalm, des clusters et des bombes à fragmentation qui provoquèrent de nombreuses pertes civiles.
Comme les massacres qui l’avaient précédé ainsi que ceux qui devaient le suivre, le massacre de Sabra et Chatila ne peut s’assimiler à un dérapage. Il s’avérait au contraire nécessaire pour jeter l’effroi au sein de la communauté palestinienne du Liban qui était la seule à résister militairement à Israël depuis que l’OLP avait été chassée de Jordanie à la suite du massacre de septembre Noir perpétré en 1970 par le roi Hussein de Jordanie.
Car l’objectif stratégique de «Paix en Galilée» consistait à anéantir ce qui restait de l’OLP au pays du Cèdre. Objectif stratégique largement atteint avec le bannissement de cette organisation vers la Tunisie et la mise au pas militaire et politique de la communauté palestinienne au Liban.
C’est cet objectif stratégique, partagé par les phalangistes, Israël et les occidentaux qui explique la complicité active ou passive de ces différents acteurs dans ce massacre. Paralysée de son côté par le système politique confessionnel qui domine le pays, la faible armée libanaise ne pouvait intervenir. Quant aux troupes syriennes, elles ne livrèrent bataille aux Israéliens que sur les seuls territoires libanais contrôlés par Damas en vertu des accords de 1976. Le régime de Hafez El Assad abandonna ainsi l’OLP qu’il avait déjà largement contribué à affaiblir par son intervention militaire de 1975.




La décision prématurée sur les gaz non-conventionnels

