La Nation - Hebdomadaire Algérien

Numéro 101

Edition du 01 au 07 Mai 2013



USM Alger… ou quand le chéquier ne peut tirer un corner !

Madjid Khelassi
Mardi 22 Mai 2012



USM Alger… ou quand le chéquier ne peut tirer un corner !
30 milliards de centimes rien qu’en recrutement. Ajoutez à ça les quelques 70 autres milliards ayant servi à l’achat du club et voila la cagnotte qui tourne autour de 100.
Et au final, ni championnat ni coupe d’Algérie et surtout un football sans pourquoi et des joueurs indignes des salaires et des égards dus à leur piètre rang.
C’est le bilan peu reluisant de l’USM Alger, équipe naguère reine du jeu plaisant et des joueurs –artistes au salaire insignifiant.
On a tous cru que l’argent dépensé allait faire le bonheur des supporters sauf que personne n’a pensé que le chéquier, jamais au grand jamais, ne pouvait tirer un corner.
Renard puis Ollé-Nicole puis Ighil : joli linge d’entraineurs qui chacun à sa manière marcha à cotés des crampons de ses joueurs.
Funambules sur le fil distendu du fric sur tartan, ils basculèrent tous dans le vide de l’impossible équation chéquier-ballon rond.
Résultat des courses, ce fut la plus mauvaise équipe de l’USMA depuis 1962.
Ah !1962 et l’équipe de rêve des Bentifour, Boubekeur, Aftouche, Talbi, Madani, Djemma, Meziani, Oualiken, Bouchache, Belbekri et j’en passe.
Ce fut aussi beau que l’indépendance. Elle trusta le 1er championnat d’Algérie et émerveilla les foules.
Bien après, toutes les USMA, et jusqu'à l’année passée, furent meilleures que celle de cette campagne 2011-2012.
Nous sommes à trois journées de la fin du championnat 2012 et l’USMA est remise en selle pas par ses joueurs mais par un heureux concours de circonstances : elle est en tête avec 2 points d’avance sur ses poursuivants.
Ce soir elle accueille Bejaïa, minée par une affaire de match vendu.
Tout s’y prête pour que le break soit fait.
Dés le matin, c’est la faune barbouillée des stades.
L’heure d’ouvertures des portes et aussi celle des cernes bleutées, tristes à dormir.
Les bus dégorgent une foule ensommeillée qui se hâte vers l’équipe-chagrin
On rencontrerait presque son double dans un jour de demi-brume.
2 heures avant le début de la rencontre, le stade est plein. Les gradins au ciment immémorial sont d’une densité inouïe.
Les joueurs milliardaires s’échauffent, épouvantails à bonheur éphémère, c’est des machines à sous déguisés en footballeurs.
Bologhine-River est noir… (de monde) et rouge.
Un jeune de Climat de France nous joue l’orgue de Barbarie : il se « tatoue » les 4 lettres de l’USMA avec son mégot.
L’odeur des tribunes qui respirent la mer donne un air de farniente, un air insolite.
Insolite à portée de tous et de chacun : jeunes en survêt Lacoste, cheveux « gominés », l’œil anémique, en jeans demi-fesses, casquettes à la retourne.
Nous somme au virage, Kop des « meztoline » heureux sur des gradins lèprosés.
Ça tourne, ça vire, ça danse, ça chahute.
Au carrefour des mélancolies, de la misère, le chômage, l’échec scolaire est venu le foot-refuge.
Le vieux stade de l’ASSE est leur résidence secondaire, résidence de leur week-end et château en es…poir de leurs désillusions.
Au stade, on planque sa noirceur, sa mal-vie, son oisiveté. On fait semblant d’être heureux parce qu’on supporte une équipe qu’on a dans la peau.
L’USMA se fait étriller par Bejaïa, et c’est Gloria USMA qui part en java !
La masse rouge et noir vire au carmin, au feu de braise.
Les jeunes poussent leur dernier cri de haine dans l’arène du soupçon, le stade final du foot friqué : paravent d’un sport en agonie et d’une tutelle qui ne connait rien au professionnalisme.
Hosties et Tabarnouches en patois algérois fusent. USMA mon désamour !
Les supporters-momies, devenus ribauds du foot déchirent le drapeau géant d’une équipe qui a arrêté de jouer au foot.
Ils avancent comme à tâtons, déboussolés. Ils vomissent ces joueurs qui roulent en Audi, en Rover, et qui n’en lobent pas une.
Ils vomissent leur blaze et leurs pompes à deux briques.
Le cercle du club sur Mira boulevard est pris d’assaut. Dans un coin, de vieux supporters Usmistes, catégorie étanche, qui se shootent au foot comme des grives, et qui ont promené leur quille d’Annaba à Tlemcen, de Tizi à Saida, et des gorges Caracalla aux thermes de Bou Hnifia, évoquent les jours (heureux)… d’antan.
Même quand l’équipe jouait la relégation, elle pratiquait un beau football dit l’un d’eux. . Allusion à l’équipe des Guittoun, Aissaoui , Bernaoui , El Okbi , Keddou , Tchalabi , et autres artistes du ballon rond au foot jamais tremblé .Car foot-plaisir , foot-amour, foot-gentlemen, gratis et vivifiant , teinté d’aristocratie footeuse et gentilhommerie algérienne.
Allusion aussi à l’équipe emmenée par Rahim, l’ange rouge et noir et qui rejoint l’élite en 1994 après des années de purgatoire et trusta sous Allik en dix ans ce qu’elle n’a pu glaner en 40 ans.
Cette année, chaque sortie au stade fut un départ au chagrin et cette prestation face à Bejaïa révéla au grand jour que le chéquier est l’expression plate d’une vérité qui ne mène nulle part quand ce chèque devient un abattis du bricolage.
500 millions de centimes est le salaire mensuel du capitaine de ce vaisseau fantôme qui tangue plus qu’il ne gagne. La check-list est hallucinante ! Eleven one fantoche et honteux.
Sous le tartan la triche, le pied levé … Rance avec les sous !
Les vampires du foot naissent par le fric et meurent sous les quolibets.
Mise à part l’Entente de Sétif et la JSM Bejaïa (équipes drivés par 2 entraineurs étrangers comme par hasard), aucune équipe de la ligue 1 ne mérite de se « pavaner » sur un terrain de foot.
Le foot pro tel qu’il est pensé par tous : tutelle, fédération, clubs, est une véritable fumisterie


Arc en ciel | Autrement dit | Humeur







LATUFF CARTOONS


Derniers tweets

Météo fournie par DzMeteo.com